Comment composer ses premiers morceaux de piano de A à Z grâce aux 4 accords magiques : le guide complet en 4 étapes

Composer ses propres morceaux…  Ahhh, quelle douce pensée pour tout musicien, n’est-ce pas ?

Allez, c’est partie, on s’installe devant notre instrument. Après tout, cela fait un moment que l’on interprète les morceaux des autres. Donc pourquoi ne pas créer les siens. Cela ne doit pas être si compliquer que ça de faire quelque chose de correct, à défaut d’être parfait.

 Et bim, tout s’enchaine, on trouve une superbe suite d’accords, la mélodie qui va avec, etc. C’est magique !

Mais si seulement c’était aussi simple…

A mon avis, la réalité est tout autre, non ?

Si vous êtes comme moi, vous avez plutôt l’impression d’avoir régressé dans la maitrise de votre instrument.

Plus en mode « bon, ok, maintenant que je suis devant mon piano, sans partition, qu’est-ce que je fais ? Je commence par où ? ».

Donc, vous tâtonnez, souvent au hasard, parfois pendant des heures, dans l’espoir de tomber sur un truc qui vous fasse un effet wouahou.

Et si, par chance, vous trouver un petit quelque chose, vous ne savez pas forcément comment développer votre idée pour créer tout un morceau de A à Z.

Parce que trouver une idée de départ, et savoir la mettre en forme efficacement pour obtenir au final un morceau cohérent musicalement, correctement dosé entre variation et répétition, c’est loin d’être évident quand on se lance depuis peu dans la composition.

Quelque part, on se retrouve sans filet de sécurité et sans aucune idée du chemin à suivre. Ça peut être très déstabilisant.

Et c’est là qu’apparait le danger.

A force de chercher des idées pendant des heures, voire des jours, vous voyez que votre morceau n’avance absolument pas. Vous tournez en rond, vous jouez et rejouez les mêmes choses.

Et là, c’est le drame, vous vous lassez de votre propre morceau avant même qu’il soit terminé. C’est comme ça que vous vous retrouvez avec plein de début de morceau qui n’aboutissent à rien dont vous êtes fier…

Vous vous demandez même si la composition est vraiment faite pour vous. Vous êtes à deux doigts d’abandonner…

ATTENDEZ !!

Ça me rappelle quelqu’un.

Moi aussi je suis passée par là. Je ne sais même plus le nombre de morceaux que j’ai commencé, pleine d’enthousiasme, pour finalement les mettre au placard en me disant que je les finirai plus tard.  Autant vous dire qu’ils y sont toujours 😉.

Mais depuis, j’ai développé une méthode qui m’aide à créer mes morceaux. Grâce à ça, fini de tâtonner dans le vide. Mes morceaux avancent plus vite. Et donc, je ne m’en lasse pas, ce qui me permet de les terminer BEAUCOUP plus rapidement ; en quelques jours voire quelques heures en fonction de mon emploi du temps et de mon inspiration du moment.

Vous pouvez y arriver aussi, soyez en sûr !

Notre objectif ici n’est pas de créer du Mozart ou du Bach. Mais simplement de créer un morceau cohérent que vous serez fier de faire écouter.

Par la suite, plus vous composerez, plus vos morceaux s’amélioreront et s’enrichiront d’eux-mêmes.

Dans cet article, vous allez découvrir ma méthode pas à pas. A la fin, vous serez en mesure de :

  • Partir d’une suite d’accords harmonieuse
  • Choisir un accompagnement main gauche qui vous plait
  • Trouver des mélodies à la main droite qui colle à votre accompagnement
  • Réaliser une introduction et une conclusion à votre morceau

C’est partie, préparez-vous, vous allez bientôt composer vos premiers morceaux ! 😊

Etape 1 : Choisir sa suite d’accords

Comme vous l’avez vu dans le titre de l’article, aujourd’hui nous allons nous concentrer exclusivement sur les 4 accords magiques.

Parce que choisir une suite d’accords parmi une infinité de possibilités fera sans doute l’objet d’un article à part entière. 😉

L’objectif reste ici d’aller à l’essentiel afin que vous puissiez commencer à créer vos premiers morceaux dès la fin de votre lecture.

Alors, c’est partie, voyons quels sont ces accords. Ou tout du moins rappelons-les, parce que vous avez sans doute déjà croisé leur chemin !

Prérequis : savoir construire les accords majeurs et mineurs. Voici la vidéo d’Iwan de la chaine Futur Pianiste.

N’hésitez pas à y jeter un coup d’œil si besoin. Sa vidéo va droit au but, elle est claire, nette et précise.

Quels sont les 4 accords magiques ?

Vous avez peut-être déjà vu plusieurs vidéos sur ce sujet. Mais pourtant, d’une vidéo à l’autre, la suite des fameux 4 accords magiques n’est pas toujours la même.

Pourquoi ?

C’est simplement que la tonalité de départ choisie pour construire les accords n’est pas la même.

Je m’explique.

Vous avez probablement déjà vu les accords suivants :

  • Do majeur (constitué des notes Do, Mi, Sol)
  • Sol majeur (Constitué des notes Sol, Si, Ré)
  • La mineur (Constitué des notes La, Do, Mi)
  • Fa majeur (Constitué des notes Fa, La, Do)

Eh bien, dans ce cas, il s’agit des 4 accords magiques en tonalité de Do majeur. Ceux sont eux que l’on retrouve le plus souvent dans les tutos piano puisqu’ils se jouent uniquement sur les touches blanches. Ils sont idéaux pour les débutants.

Pour comprendre comment trouver ces 4 accords dans n’importe quelle tonalité et démultiplier vos possibilités créatives, il va falloir que l’on transforme chaque note de la gamme de Do majeur en degré (noté en chiffre romain).

Pas de panique, ne partez pas tout de suite !!

Voici un petit schéma des degrés pour la gamme de Do majeur.

Regardons ce schéma de plus près. Grâce à lui, on va pouvoir établir une correspondance entre les accords cités tout à l’heure et leurs degrés. Ainsi :

  • Do majeur = 1er degré
  • Sol majeur = 5ème degré
  • La mineur = 6ème degré
  • Fa majeur = 4ème degré

Maintenant que l’on sait à quels degrés correspondent les 4 accords magiques, il va être plus facile de les retrouver dans la tonalité de votre choix.

Prenons un exemple. A vous de bosser un petit peu. 😊

Voici un schéma des degrés de la gamme de Sol majeur.

Essayez de retrouver quels sont les accords magiques dans cette situation.

Un indice ; pour savoir si les accords seront majeurs ou mineurs, basez-vous sur les correspondances que l’on a établi pour la gamme de Do majeur.

Alors ?! Vous avez trouvé ?

Voyons ça ensemble.

Les degrés qui nous intéressent sont le 1er, le 5ème, le 6ème et le 4ème. Ce qui correspond respectivement aux notes Sol, Ré, Mi et Do.

Reste à savoir maintenant si les accords associés à ces notes seront majeurs ou mineurs.

Pour ça, regardons nos correspondances de tout à l’heure.

Le 1er, le 5ème et le 4ème degré sont des accords majeurs. Le 6ème degré quant à lui est un accord mineur.

Reproduisons simplement cette mise en forme. Ça nous donne donc pour notre gamme de Sol majeur.

  • 1er degré = Sol majeur (Constitué des notes Sol, si, Ré)
  • 5ème degré = Ré majeur (Constitué des notes , Fa#, La)
  • 6ème degré = Mi mineur (Constitué des notes Mi, Sol, Si)
  • 4ème degré = Do majeur (Constitué des notes Do, Mi, Sol)

Et voilà, vous avez vos 4 accords magiques en tonalité de Sol majeur.

Bien joué ! 😉

Cette méthode fonctionne pour toutes les gammes majeures. N’hésitez donc pas à expérimenter autant que vous le voulez.

Voici un tableau récapitulatif de toutes les gammes majeures

Nom de la gamme
Notes de la gamme
DoDo – Ré – Mi – Fa – Sol – La – Si — Do
Do# / Rébb – Mib – Fa – Solb – Lab – Sib – Do — Réb
Ré – Mi – Fa# – Sol – La – Si – Do# — Ré
Ré# / MibMib – Fa – Sol – Lab – Sib – Do – Ré — Mib
MiMi – Fa# – Sol# – La – Si – Do# – Ré# — Mi
FaFa – Sol – La – Sib – Do – Ré – Mi — Fa
Fa# / SolbSolb – Lab – Sib – Dob (Si) – Réb – Mib – Fa — Solb
SolSol – La – Si – Do – Ré – Mi – Fa# — Sol
Sol# / LabLab – Sib – Do – Réb – Mib – Fa – Sol — Lab
LaLa – Si – Do# – Ré – Mi – Fa# – Sol# — La
La# / SibSib – Do – Ré – Mib – Fa – Sol – La — Sib
SiSi – Do# – Ré# – Mi – Fa# – Sol# – La# — Si
Pour la suite de l’article, j’ai justement choisi les 4 accords magiques en tonalité de Sol majeur.

Bon, c’est bien beau de savoir construire ces accords merveilleux, mais voyons rapidement pourquoi est-ce qu’ils sont magiques et pourquoi ils sont tant utilisés dans nos chansons préférées.

Pourquoi ces accords sont-ils magiques ?

Ce point sera bref.

Notez bien une chose.

En réalité, ce ne sont pas les accords en eux-mêmes pris séparément qui sont magiques. Mais bien leur enchainement les uns par rapport aux autres.

Après, cette qualification de « magique » peut être assez subjective en réalité.

Est-ce parce qu’on peut les enchainer dans n’importe quel ordre et que la suite d’accord sonnera toujours bien ?

Ou parce qu’on l’a tellement entendu depuis des décennies que c’est un enchainement qui nous apparait comme familier à notre oreille ?

A vous d’en juger !

Selon Norton d’impro-musique, tous ces éléments sont liés. Il rajoute à cela que ces fameux degrés sont associés à des émotions particulières très accessibles pour tout un chacun, même sans aucune notion musicale.

L’auditeur comprend, même inconsciemment, où la musique veut l’emmener. Et c’est peut-être pour ça que cette suite d’accord est si souvent utilisés. On pourrait presque la qualifier de langage universel.

Puisqu’on a évoqué le fait que l’on peut enchainer ces accords dans n’importe quel ordre, sachez que j’ai fait le choix, pour cet article, de créer la suite d’accord Mi mineur, Do majeur, Sol majeur, Ré majeur.

Allez, rentrons maintenant un peu plus dans le vif du sujet. Voyons quelques possibilités pour choisir votre accompagnement main gauche.

Etape 2 : choisir un accompagnement

Quelle est son rôle ?

C’est lui qui constitue la base rythmique de votre morceau. Il est donc incontournable et, je dirai même plus, primordial.

Mais pourtant, ce n’est pas toujours évident de le choisir.

Dans cet article, nous allons voir 2 grands types d’accompagnements.

L’objectif reste toujours ici de commencer à composer simplement et efficacement vos premiers morceaux.

De ce fait, une fois votre mode d’accompagnement choisi, il sera gardé tout le long du morceau.

Il faut bien commencer par quelque part. Inutile de se perdre et de s’arracher les cheveux à essayer de faire quelque chose de trop complexe. Ce serait parfaitement contre-productif et ça risquerait de vous démotiver.

Il sera toujours temps de faire varier vos accompagnements par la suite.

Voyons alors ces 2 techniques d’accompagnements.

Les accords plaqués

C’est, selon moi, la méthode la plus simple à mettre en œuvre. Les notes qui constituent chacun de vos accords doivent être jouées simultanément.

Plusieurs solutions s’offrent à vous dans ce cas, en fonction de votre niveau ou simplement du rythme que vous voulez instaurer pour votre morceau.

Notez que la majorité des musiques actuelles sont constituées de 4 temps par mesure. Ça peut vous donner un bon point de départ. Et c’est donc inconsciemment un des rythmes les plus simples à avoir efficacement et rapidement sous les doigts. Autant en profiter !

Prenons un exemple avec un accord de Do majeur :

  • Accord plaqué une fois et chacun tenu pendant 4 temps
  • Accord plaqué 2 fois et chacun tenu pendant 2 temps
  • Accord plaqué 4 fois et chacun tenu pendant 1 temps

Vous pouvez choisir une de ces solutions pour chacun des accords qui constituent votre accompagnement.

Voici un exemple audio pour notre suite Mi mineur, Do majeur, Sol majeur, Ré majeur.

Ici, les accords sont joués dans leur position fondamentale.

Par exemple, pour notre accord de Mi mineur, constitué des notes Mi, Sol et Si, ces notes sont jouées strictement dans cette ordre mais de manière simultanée.

Cette notion de position fondamentale est abordée dans une vidéo que je vous ai mis un peu plus bas.

Bon, nous avons maintenant un accompagnement main gauche qui tient la route. Mais nous allons voir tout à l’heure qu’il y a un moyen de le faire sonner encore mieux. Ne partez donc pas trop loin. !

Voyons d’abord le second grand type d’accompagnement.

Les accords arpégés

Dans ce cas, les notes qui constituent les accords ne vont plus être jouées simultanément mais bien les unes après les autres.

Il existe une multitude de possibilités pour arpéger un accord.

Cette méthode d’accompagnement peut offrir une toute nouvelle dynamique à vos morceaux.

Prenons de nouveau l’exemple de notre accord de Do majeur :

  • Do, Mi, Sol, Mi (Sorte d’aller-retour)
  • Do, Sol, Mi, Sol (Sorte de balancier)
  • Do, Mi, Sol, Do (Arpège montant, le second Do est à l’octave au-dessus)

Pour voir certains exemples d’arpège de manière plus concrète, je vous invite à regarder la vidéo d’Alex de composer sa musique.  Elle est très claire et bien illustrée par des chansons connues.

Maintenant, à vous de jouer pour choisir le mode d’accompagnement qui vous plait le plus ! Et vous voyez que, même en partant uniquement des 4 accords magiques, les possibilités créatives sont déjà bien étendues. De nombreux morceaux, bien différents les uns des autres, peuvent en découler rien qu’en variant le mode d’accompagnement main gauche.

Il nous reste encore une chose à voir pour sublimer encore davantage votre suite d’accord. Une technique simple qui va la rendre encore plus harmonieuse à vos oreilles. Ce sera à vous d’expérimenter pour trouver la meilleure solution en fonction du type d’accompagnement que vous aurez choisi.

Les renversements d’accords

Eh oui, encore un peu de théorie musicale… Mais c’est pour la bonne cause !

Vous allez voir que c’est un bien grand mot pour une chose toute bête.

Un renversement consiste tout simplement à changer l’ordre des notes au sein d’un accord.

Prenons un exemple avec l’accord de Sol majeur.

3 options s’offrent à vous pour jouer l’ordre de ses notes :

  • Sol – Si – Ré = position fondamentale
  • Si – Ré – Sol = 1er renversement
  • Ré – Sol – Si = 2ème renversement

Et comme une photo vaut 1000 mots…

Mais pourquoi les renversements sont-ils si importants dans la construction de vos suites d’accords ?

En réalité, il n’y a pas de règle absolue à ce niveau-là. C’est assez subjectif selon votre ressenti personnel et vos goûts et choix musicaux.  A vous de tester différentes solutions.

Mais sachez tout de même une chose. Moins vous avez besoin de déplacer votre main sur le piano pour passer d’un accord à l’autre, plus le résultat sera harmonieux musicalement.

Voici ce que ça donne avec notre suite d’accord Mi mineur, Do majeur, Sol majeur, Ré majeur. Je vous rejoue cette suite avec les accords dans leur position fondamentale, puis j’enchaine avec les renversements que j’ai choisis.  

Vous allez entendre que le tout s’enchaine de manière plus naturelle et fluide.

C’est cet accompagnement que j’ai choisi de garder pour le reste de l’article.

Pour une illustration encore plus visuelle, voici la vidéo d’Ugo de Piano en ligne. Les renversements sont évoqués vers les 2min30. Vous aurez aussi de nouveau quelques exemples d’arpèges.

Et voilà, à ce niveau, vous savez désormais créer de superbes suites d’accords harmonieuses qui filent comme le vent. Et tout ça, en utilisant uniquement les 4 accords magiques.  Ce n’est pas magnifique ?!

N’hésitez donc pas à essayer :

  • D’enchainer tous ces accords dans tous les sens possibles
  • De changer de tonalité 
  • De multiples modes d’accompagnement main gauche
  • Des renversements différents pour une même suite d’accord

Vous verrez que vos morceaux pourront prendre des allures bien différentes, en partant pourtant d’une même base.Il n’y a plus qu’à trouver des idées de mélodies qui vont parfaitement s’accorder à vos accords… Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire.

C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Etape 3 : Trouver des mélodies à partir d’une suite d’accords

C’est tout un programme qui nous attend… Mais nous allons décomposer cette étapes en plusieurs sous étapes pour nous faciliter la vie. Avec BEAUCOUP d’exemples audios !

Trouver une première mélodie simple

Pour cette étape, il vous faudra utiliser les notes qui constituent chaque accord pour trouver une première base musicale.

En pratique, si on reprend l’exemple de notre suite d’accords de tout à l’heure :

  • Pour l’accord de Mi mineur, vous pouvez jouer les notes Mi, Sol et Si
  • Pour l’accord de Do majeur, les notes Do, Mi et Sol
  • Pour l’accord de Sol majeur, les notes Sol, Si et Ré
  • Et pour l’accord de Ré majeur, les notes Ré, Fa# et la

A partir de là, c’est à vous d’expérimenter pour trouver quelque chose qui vous plait. Il n’y a pas vraiment de recette miracle.

Mais, l’avantage de se restreindre aux notes des accords, c’est que vos choix sont limités. Vous ne vous perdez pas dans l’infini des possibles. Et en plus, vous êtes sûr que peu importe les choix que vous ferez, votre première mélodie sera forcément cohérente par rapport à votre accompagnement. Vous pouvez déjà obtenir de très belles choses.

Vous allez donc constituer une base solide pour votre morceau.

Voici alors ce que j’ai trouvé pour une première boucle avec mes 4 accords.

Ensuite, vous pouvez tenter de trouver encore d’autres petites phrases mélodiques en utilisant toujours cette technique. L’objectif est de trouver une nouvelle idée musicale qui ressemble à la première pour rester dans quelque chose de cohérent tout en faisant quelques variations.

C’est là tout l’art d’osciller entre variation et répétition. Nous reviendrons sur ce point un peu plus tard.

J’ai donc trouvé 2 nouvelles boucles mélodiques.

Dans ces 3 premières boucles, les notes utilisées sont quasiment toujours les mêmes à quelques riquiqui exceptions près. J’ai principalement joué sur le rythme. Et, au travers de ces changements de rythme, j’ai voulu faire comme une sorte de légère montée en puissance du morceau.

Voici ce que ça donne quand on enchaine ces 3 boucles.

Notez une chose importante.

Ici, vous pourrez entendre à la fin de l’article que j’ai fait le choix dans mon morceau final de conserver ces boucles mélodiques simples telles quelles.

Mais rien ne vous empêche d’appliquer la technique que nous allons voir juste après pour enrichir vos premières mélodies. Tout dépend de vos choix artistiques. Rien n’est figé dans le marbre en composition, c’est ça qui est génial.

Enrichir ses mélodies

Là, nous allons utiliser des notes de passages.

Mais c’est quoi encore ce truc ?

C’est simple.

Fini de se restreindre uniquement aux notes de l’accord que l’on est en train de jouer à la main gauche. Nous allons élargir un peu. Vous allez désormais pouvoir jouer n’importe quelle note de la gamme que vous avez utilisé pour construire vos accords magiques.

Dans notre cas précis, ce sera la gamme de Sol majeur. C’est-à-dire les notes Sol, La, Si, Do, Ré, Mi, Fa#.

Et si vous regardez bien, ces notes sont toutes comprises dans au moins l’un de vos accords magiques.

Donc pour résumer, pour vos mélodies, vous pouvez finalement utiliser n’importe quelles note tirée de votre suite d’accords magiques.

Mais attention !!

On parle bien de notes de passages.

C’est-à-dire que ces notes ne vont pas constituées les temps fort de votre mélodie. Elles vont simplement servir de transition pour passer d’un point fort à un autre.

Par exemple, pour la plupart des musiques constituées de 4 temps par mesure, les temps forts sont les temps 1 et 3.

Ainsi, pour être sûr que votre mélodie reste harmonieuse, vous pouvez utiliser une astuce toute simple.

Faire en sorte que sur vos temps 1 et 3 les notes que vous jouez soient comprises dans l’accord que vous êtes en train de jouer à la main gauche.  Pour le reste, libre à vous d’utiliser n’importe quelle autre note de votre gamme… Enfin presque !

Il y a encore une petite chose importante à préciser pour obtenir des mélodies vraiment cohérentes et harmonieuses. Je l’ai évoqué vite fait tout à l’heure.  Vous vous souvenez ?

Entre variations et répétitions

Tout l’enjeu va être de trouver le bon dosage entre ces 2 aspects tout au long de votre morceau.

 Il faut qu’il y ait suffisamment de répétitions pour que votre morceau ait une ligne directrice dans le temps.

Et en même temps, il doit être assez varié pour ne pas lasser vos oreilles ou celles de vos auditeurs. Mais sans pour autant que la mélodie parte dans tous les sens.

Mais comment trouver ce dosage optimal ? Comment savoir quelles notes jouer ? et quand les jouer ?

Voyons quelques options.

Pour les répétitions, vous pouvez :

  • Répéter un motif rythmique. C’est-à-dire que vous gardez le rythme d’une première mélodie que vous avez déterminée mais vous changez les notes qui la constitue.
  • Répéter un motif mélodique. Dans ce cas, vous gardez les mêmes notes, mais vous changez leur rythme.
    (Dans l’exemple, les notes de la mélodie sont les mêmes par bloc de 2 mesures)
  • Répéter un motif rythmique et mélodique. Rien ne vous empêche de répéter strictement une même mélodie et un même rythme sur plusieurs mesures pour insister dessus.  Il faut simplement vous assurez que ça colle toujours avec votre accompagnement, même quand vous avez changé d’accord.
    (Dans l’exemple, la répétition rythmique et mélodique se fait uniquement sur les 2 premières mesures)

Les variations, quant à elles, vont vous permettre de teinter vos mélodies de petites nuances à droite et à gauche. Elles servent à surprendre nos oreilles et elles vous permettront de faire évoluer votre morceau.

Autre chose.

Un dernier conseil qui s’applique essentiellement lorsque vous utilisez des notes de passages.

On a dit que pour ces notes de passages, vous pouviez jouer n’importe quelle note comprise dans votre suite d’accord. C’est vrai, mais il y a quand même une petite nuance à apporter pour que votre mélodie reste cohérente.

Le rendu de votre composition sera plus harmonieux si vous utiliser principalement des notes rapprochées pour créer votre mélodie.  Et aussi si cette dernière reste comprise entre 1 ou 2 octaves.

Si on parle en mode solfège quelques instants, plus vos sauts d’intervalles d’une note à l’autre seront grands, plus le résultat risque de sonner brouillons et sans cohérence musicale. Surtout si ces sauts sont très fréquents tout au long de votre mélodie.

Ils restent toutefois indispensables pour pimenter votre compositions et la rendre plus intéressante.

En fait, c’est comme quand vous voulez vous faire un succulant chocolat chaud, tout est dans le dosage !! 😉

En résumer, voici la recette théorique pour créer de belles mélodies :

  • Faire suffisamment de répétitions pour que la mélodie reste cohérente
  • Ponctuer vos lignes mélodiques de variations pour enrichir votre morceau et éviter l’ennui
  • Utiliser principalement des notes rapprochées les unes des autres pour que le rendu soit harmonieux à l’oreille
  • Saupoudrer le tout de saut d’intervalle plus important pour surprendre l’oreille et faire évoluer votre composition 
  • Limiter l’étendue de votre mélodie à 1 ou 2 octaves

A vous de jouer ! Vous avez maintenant entre vos mains tous les ingrédients nécessaires pour créer vos premières mélodies de façon efficaces.

Un point risque peut-être encore de vous poser problème.

Lequel ?

La façon d’introduire ou de conclure votre morceau.

C’est ce que nous allons voir dans la prochaine partie.

Etape 4 : Introduire et conclure son morceau

Ce sont 2 parties clés de votre morceau.

Commençons par le début

L’introduction est littéralement là pour happer l’auditeur. Son attention doit être capté dans les premières secondes de votre morceau pour qu’il ait envie de poursuivre son écoute.

Bon, après, si vous partager uniquement vos créations à votre entourage, normalement ils ne vous balanceront pas de tomates, même si l’intro n’est pas directe au top niveau !! 😉

Voyons alors plutôt cette partie comme une façon de poser l’ambiance générale de votre morceau. Elle permet de savoir très rapidement quel va être son atmosphère (festif, triste, zen, etc.), son rythme (tempo, mode d’accompagnement, binaire ou ternaire, etc.).

Mais concrètement, une bonne introduction, qu’est-ce que c’est ? et comment on les crée ?

Encore une fois, pas de réponse universelle… désolée ! Les possibilités sont vraiment très vastes.

Mais regardons de plus près 2 types d’introductions, qui, selon moi, fonctionnent bien pour de nombreux morceaux. Ce sont 2 techniques que j’utilise pour presque toutes mes compositions piano.

Allez plus hauuut !!

Première astuce.

Choisir une partie de votre mélodie et la jouer une octave plus haut que le reste du morceau.

Dans ce cas, l’auditeur est emmené tout de suite au cœur de notre création. Pas de superflu, on y plonge direct.

 Jouer une première mélodie dans les aigües puis enchainer en redescendant d’une octave provoque une sorte de montée en puissance du morceau (en tout cas, c’est mon ressentis !). Ce phénomène s’explique, selon moi, en raison de la légèreté du son dans les aigües contrastée avec un son plus présent dans les médiums.

Pour ma part, j’ai tendance à choisir la toute première boucle de ma composition. Je la joue une octave plus haut. Et je poursuis en la jouant à l’octave où je l’ai composé à l’origine.

Mais ce n’est pas une obligation.  Vous pouvez prendre n’importe quelle section, dans la mesure où le tout s’enchaine de manière musicale.

Testez, et voyez ce qui sonne le mieux à votre oreille.

Voici un exemple en vidéo. Excusez-moi pour la qualité du son… Ce morceau fait partie de mes premières compositions que j’ai réussi à construire de A à Z.

Juste quelques notes

Ce type d’introduction ce base essentiellement sur les notes des accords de notre accompagnement.

Elle sert vraiment à transporter en douceur l’auditeur dans notre univers musical.  Il ne va pas être plongé directement dans le morceau mais va simplement provoquer un petit suspens avant le lancement de la mélodie pure et dure.

J’utilise principalement 2 techniques :

  • Si l’accompagnement main gauche est arpégé, je plaque mes accords à la main droite
  • Si l’accompagnement main gauche est en accords plaqués, ma main droite joue très peu de notes. Une ou deux tirées de l’accord main gauche, associées éventuellement à quelques notes de passages

Voici encore des exemples.

Pour notre morceau en lien avec l’article, voici les choix que j’ai fait. Je m’appuie sur la tierce (soit la 2ème note) de chaque accord main gauche.

Puis j’ai enrichi le tout avec quelques notes de passages. Et, pour le dernier accord, j’ai finalement remplacé la tierce par la quinte pour ma mélodie main droite.

Après, tout va dépendre du style de musique que vous voulez créer. Je vous donne une première base qui roule. Rien ne vous empêche par la suite d’enrichir votre introductions avec plus de notes. Tester et tester encore, c’est la clé pour progresser et trouver son propre jeu ! 😊

Pour varier toujours plus vos possibilités, l’introduction proposée par Erwan de PlayPopSongs est aussi à tenter. Elle sera du plus bel effet. Une intro courte et efficace !

Nous en avons fini avec l’introduction de votre morceau.

A vous de jouer !!

Passons maintenant au bouquet final.

Le grand final

Déjà, pourquoi la conclusion de votre composition est-elle si importante ?

Simplement parce qu’elle constitue son point final.  C’est la dernière chose dont vont se souvenirs vos auditeurs. Et vous serez d’accord avec moi, peu importe le domaine, c’est toujours important de finir sur une note positive.

Une conclusion ratée, c’est un peu comme quand vous êtes en train de manger une superbe part de gâteau, qu’elle vous échappe des mains et que votre chien a été plus rapide que vous pour la ramasser…  Frustrant non ?!

Eh bien en musique, c’est pareil. Comme pour votre gâteau, une conclusion bancale vous laisse littéralement sur votre faim. Et, à mon avis, ça peut même vous faire changer d’avis sur la façon globale dont vous avez apprécié un morceau.

C’est pour ça que, tout comme l’introduction, il est primordial de soigner vos conclusions.

Comment faire ?

Là encore, un vaste sujet nous attend.

Mais comme pour l’introduction, nous allons seulement nous intéresser à 2 techniques de mon cru, plus une technique bonus pour conclure vos morceaux. Vous aurez déjà de quoi faire !

Retour à la maison

Pour cette technique, rien de plus simple.

Une fois que vous avez déroulé tout votre morceau, il vous suffit :

  • Pour la main gauche, de plaquer le premier accord de votre suite et de le tenir sur plusieurs mesures
  • Pour la main droite, de finir sur une note comprise dans l’accord main gauche que vous êtes en train de jouer ; souvent, la note fondamental est une valeur sûre.

Exemple de fin sur un accord de Do majeur

Cette méthode offre un aspect très conclusif. Elle est brève, simple et très souvent utilisée dans de nombreuses chansons.

Mais, pour certains morceaux, vous pourrez vous apercevoir qu’elle peut sembler trop radicale et faire un point final trop violent par rapport à l’ambiance de votre musique.

Voyons alors le 2ème type de conclusion.

Une fin tout en douceur

Ce type de fin va encore une fois s’appuyer sur le premier accord de notre suite.

Mais au lieu d’être plaqué, ce coup-ci, on va l’arpéger.

Cette conclusion demande un peu plus de technique, d’expérience et d’entrainement. Parce qu’il ne suffit pas d’arpéger notre accord uniquement à la main gauche.

Les deux mains vont rentrer en jeu et se croiser plusieurs fois pour créer un arpège montant sur au moins 4 octaves, des graves vers les aigües.

Prenons un exemple. Imaginons que vous avez choisi la suite d’accords Do majeur, Sol majeur, La mineur et Fa majeur.

Pour utiliser cette forme de conclusion, on a dit qu’il fallait prendre le premier accord de notre boucle ; donc ici le Do majeur.

Ensuite il faut égrainer notre accord des graves vers les aigües.

Cela donne le schéma suivant avec l’alternance des deux mains :

Cette fin est particulièrement adaptée pour des morceaux que vous voulez conclure sur le ton de la légèreté et de la douceur.

A vous de tester si elle pourrait coller à votre propre composition.

Voici un exemple d’une de mes compositions où j’utilise ce type de fin pour que vous entendiez le rendu en contexte.

Pour rajouter une corde à votre arc, regardez une autre vidéo d’Erwan de PlayPopSongs. Il s’agit là aussi d’une fin arpégée mais encore un peu plus élaborée que celle que je vous ai présentée.

Bien sûr, il ne s’agit que d’un petit éventail des possibilités. Mais je pense qu’avec ces techniques, vous avez déjà de quoi avoir une bonne base de réflexion. Avec elles, vous pourrez introduire et conclure vos compositions de façons simples mais efficaces.

Voici le morceau final créer avec cette méthode

A vous de jouer !

Nous voilà arrivé au bout de cet article.

Au début de votre lecture, vous ne saviez peut-être pas par où commencer pour composer vos premiers morceaux. Comme perdu dans l’infini des possible que nous offre la musique…

Mais maintenant, vous avez un guide pas à pas qui est là pour vous montrer un des chemins possible.

Un chemin en 4 étapes qui n’attend plus que vous !

Evidemment, malgré tout ça, composé vos premiers morceaux ne se fera pas sans embuche. Se serait vous mentir que de prétendre le contraire. Il vous faudra de la patience et de la persévérance.

Mais en suivant ces étapes et en gravissant chaque marche une par une, il n’y a aucune raison que vous n’y arriviez pas.

Le tout est vraiment de ne pas se précipiter. Inutile d’essayer de tout faire en même temps. C’est parfaitement contre-productif, surtout quand on débute en composition.

J’insiste, chaque chose en son temps. Pour vos premiers morceaux, ne cherchez pas direct à faire un truc de la mort qui tue. 😉

Prenez une des suite d’accords dont nous avons parlé dans l’article. Choisissez l’accompagnement main gauche avec lequel vous êtes le plus à l’aise. Et pour vos mélodies, faites simple. Ne collez pas des notes de passages partout dès votre première composition, vous risquez de vous perdre.

Concentrez-vous déjà pour faire une première base cohérente. Et ne cherchez pas à composer un morceau de 5 minutes tout de suite. 2 minutes, voire 1 minute 30 suffisent pour avoir un morceau construit que l’on peut partager autour de soi et en être fier.

Il sera toujours temps d’enrichir vos créations par la suite.

Comme je le dis dans mon ebook « 30 points essentiels à connaitre pour bien commencer la composition », vos morceaux s’enrichiront d’eux-mêmes, au fur et à mesure que vous pratiquerez et que vous évoluerez dans vos techniques de jeux.

A ce moment-là, vous pourrez alors adapter le chemin que je vous ai donné en fonction de votre propre pratique et de vos besoins spécifiques. Rien n’est gravé dans la pierre dans cet univers, c’est réellement ça qui est magique !!

Maintenant, à vous de jouer les musiciens !!! Et au plaisir d’écouter vos créations ! 😊

Si vous connaissez d’autres pianistes qui souhaiteraient créer leur propre morceau, n’hésitez pas à leur partager cet article si vous pensez qu’il pourrait leur être utile.

Vous pouvez aussi télécharger une fiche résumée pour toujours avoir sous la main les points clés abordés. (C’est vrai que l’article était assez dense !)

Cliquez ici pour télécharger votre fiche résumée

La discussion reste ouverte dans les commentaires si vous voulez échanger sur certains points, si vous avez des remarques ou que vous souhaitez nous faire un partage d’expérience.

Petit teaser

La suite arrive bientôt !! Vous allez pouvoir aller encore plus loin 😉

Maintenant que vous allez pouvoir composer vos premiers morceaux tout au piano, l’étape suivante pourra être d’enrichir vos créations grâce à la Musique Assistée par Ordinateur.

La MAO offrira une toute nouvelle dimension à votre composition.

Ne vous inquiétez pas, nous n’aborderont pas des trucs trop complexes. Juste quelques ajouts qui suffisent à sublimer vos morceaux simplement et efficacement. Une batterie, des nappes d’arrières plans, et c’est tout.

Je vous détaillerai entièrement tout ça.

Donc restez dans le coin (en vous inscrivant à la newsletter par exemple !), et à très vite !

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